24.3.03

par-delà le vrai et le faux

On les a d'abord vus jouer les gros bras. On les a entendus dire : "On veut y aller !". Comme dans les films, les soldats américains apparaissaient comme des super-héros sans faille, sans faiblesse. Des bons petits gars un peu bourrins qui vont faire la guerre, sourire aux lèvres et dents blanches, qui vont libérer l'Irak de son tyran. Décontractés. Pourtant, dans la nuit de samedi à dimanche, dans le camp de la 101e division aéroportée, un jeune homme se réveille, prend deux ou trois grenades et les jettent sur ses camarades.
Naïvement, je pensai que le pauvre hère n'avait pas supporté la pression, qu'il avait pété les plombs. Sous la carapace, un coeur, des nerfs, des humeurs. On voulait nous faire croire que tout filait lisse et l'événement tragique nous rappelait à la réalité : la guerre, c'est pas beau, c'est pas facile, même quand elle est filmée par CNN.

Evidemment, la vérité était toute autre. De la bouche d'un gradé quelconque, on apprit que le jeune grenadier portait un nom à consonnance arabe, qu'il était de confession musulmane. Et le téléspectateur comprit ce qu'on voulait lui dire.
Depuis, plus rien. Silence. On parie que c'est pas vrai ?

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